Les nouvelles de Kelley

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Les nouvelles de Kelley

Message par Kelley le Lun 29 Nov - 15:19

Bonjour,

Une petite histoire de chats, ou plutôt de l'arrivée d'un chat quand un autre y est déjà. Acceptera ? Acceptera pas ? Vous verrez ci-dessous. Les humains feraient bien de réfléchir au sens du mot "sociable"

J'ai volontairement remplacé leur nom par : "le chat", "la chatte"

L'ARRIVE DU CHAT

Le chat partit de l'autre côté de l'appartement, du côté des chambres pour inspecter la maison. La chatte le suivait, de loin. Il disparut de mes yeux et surement des yeux de la chatte car elle le suivit puis disparut à son tour. Il me semblait avoir entendu cracher. Aussi, je me levai et allai dans le couloir. Je sus qu'ils étaient tous les deux dans ma chambre en voyant le rideau bouger. Le chat était derrière le rideau et la chatte devant. M'ayant entendue, le chat glissa furtivement la tête puis entreprit de me rejoindre, non sans faire le tour en passant sous le lit. La chatte le suivit des yeux puis, tournant la tête vers moi, me regarda d'un air interrogatif. Je répondis à son regard et lui parlai. Le chat, parvenu jusqu'à moi, tourna tout autour de moi, me frôlant, me caressant. La chatte le regardait faire. Elle ferma les yeux. Elle montrait ainsi qu'elle l'acceptait sans condition. Il leva les yeux vers moi avec un regard plein de confiance et d'affection. Il ressortit de la chambre et glissa vers la cuisine qu'il inspecta très rapidement et sauta sur une chaise.

Je retournai au salon. La chatte avança un pas, le corps tendu, les oreilles dressées. Il avait disparu. Elle se mit à sa recherche, surprise et décontenancée, ne le trouvant pas, cherchant sous les meubles, reniflant aux endroits où il était passé, marchant à pas feutrés. Le chat, du haut de son perchoir, l'aperçut au loin, sauta de la chaise et la suivit.

Ce va et vient incessant de l'un cherchant l'autre, de l'un suivant l'autre, allait durer toute la soirée et pourtant je savais déjà, à les voir faire, que la partie était gagnée. Ils ne se crachaient pas dessus ; à aucun moment, ils n'avaient craché. Tous deux me regardaient avec confiance chacun son tour. Je leur répondais du même regard, confiant, apaisé, rassuré.

Je savais que ce manège durerait toute la soirée mais je savais aussi qu'ils s'étaient déjà acceptés, qu'à partir de ce moment ils ne pourraient plus jamais vivre l'un sans l'autre.



Dernière édition par Kelley le Lun 29 Nov - 15:23, édité 1 fois

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Adolescence

Message par Kelley le Lun 29 Nov - 15:21

ADOLESCENCE

D'une brume encore ensommeillée, peuplée de rêves inachevés, Mélanie émergeait tout doucement. La chaleur de l'été engourdissait sa tête et ses mouvements. A travers les volets, filtraient des rayons de soleil inondant sa chambre d'une douce lumière de vacances. Dans cette torpeur, des bruits lui parvenaient, étouffés, qu'elle n'arrivait pas encore à reconnaître. Quitter ces rêves mélangés, revenir à la vie, lui semblait à ce moment bien au-dessus de ses forces. Elle se raccrochait jusqu'au dernier moment à l'image merveilleuse et prolongeait sans fin ces instants, plongée dans un cocon délicieux, nimbée de bruits feutrés et de douceur.

Dans un sursaut, elle reprit soudain pied dans la réalité, guettant fébrilement des traces d'une présence, des sons, une respiration, un souffle léger. Oui, elle était là ! Et c'était d'elle que venaient en vrac ces signes impalpables de l'attention discrète qu'elle lui avait toujours portée. De petits cliquetis, des souffles de vapeur intermittents, des frôlements de mouvements emplissaient la maison d'un souffle de vie. La tête encore lourde, les membres engourdis, Mélanie décida de se lever et ouvrit la porte sur une éclatante luminosité entourant son petit visage d'un halo rayonnant. Sa mère la regarda et lui sourit. Elle, si petite et si douce, semblait posséder dans son corps frêle toute la force du monde, inébranlable et pourtant silencieuse.

"Ah ! tu es levée ! Je vais préparer ton repas". Mélanie regarda l'heure à l'horloge de la cuisine. 9 h 30 déjà ! Sa mère n'avait rien dit, la laissant prolonger ce sommeil qu'elle jugeait réparateur. Peut-être aussi était-elle bien tranquille dans ces instants de solitude et de recueillement. Non, ce n'était pas cela. Elles aimaient leurs moments à deux, leurs taquineries gentilles qui les plongeaient dans une enfance retrouvée.

A l'âge qu'avait Mélanie, elle pouvait bien préparer son petit déjeuner seule mais toutes deux savaient, sentaient qu'il fallait prolonger le plus tard possible ces rituels faits de gestes coutumiers, de petites habitudes, instaurés depuis quinze ans. Le lait, versé dans sa casserole, frémissait doucement. Mélanie prit un bol, le posa sur la table et coupa du pain. Juste à côté, sa mère finit son repassage, commencé bien plus tôt dans la matinée.

"Mel, puisque nous avons le temps, aujourd'hui nous irons faire un tour au marché".
Une joie supplémentaire envahit le coeur de Mélanie. Elle attendait toujours fébrilement ces dimanche où, se retrouvant toutes deux, elles partaient à pied faire le tour des étals colorés, chargés de fruits et de légumes odorants.

Mélanie s'empressa de terminer de manger puis se prépara. La route était longue jusqu'au marché, bien sûr, mais ces matins-là elle ressemblait à une promenade. Sur le chemin, elles rencontreraient ces gens posés sur le pas de leur porte qu'elles croisaient chaque fois et à qui elles diraient bonjour et parleraient un peu du temps. En riant, elles s'étaient même demandé si ces personnes charmantes ne les attendaient pas exprès, guettant leur passage afin d'échanger quelques mots aimables. Qu'importe ! Ce rituel agréable ne faisait qu'agrémenter cette escapade.

Saisissant les deux sacs qu'elles réservaient à cet usage, elles partirent. Un souffle de vent rafraîchit leurs visages et souleva leurs cheveux. Le soleil était bien présent mais le printemps apportait son cocktail de fraîcheur. Le parcours se déroula comme elles s'y attendaient. "Bonjour, il fait beau aujourd'hui mais un peu frais". "Oui, trop pour la saison". Et l'on continuait la route jusqu'à la prochaine escale.

L'arrivée près du marché se signalait par des bruits de voix, tout d'abord lointaines puis se rapprochant et bientôt on apercevait une sorte de grouillement, d'aller et venues dans tous les sens. Enfin les camelots devenaient visibles et elles s'enfonçaient dans cette foule, baignant avec délice dans le flot tumultueux. Les marchands de tissus, de fleurs, de vêtements entamaient la longue allée. Plus loin, la boulangerie exhalait ces parfums doucereux et sucrés de pain chaud, de gâteaux et de viennoiseries encore chauds. Elles arrivèrent enfin devant de longs étalages remplis de rouge, de vert, de jaune, d'orange dans lesquels elles puiseraient goûlument pour remplir leurs cabas qui deviendraient pesants.

"80 centimes ma laitue, les 2 pour 1 euro". "Deux laitues, s'il vous plaît". "Regardez mes oranges, mes belles oranges bien juteuses". "1 kilo, s'il vous plaît". Et les fraises ! Ah les fraises ! Mises bien en avant pour s'écouler rapidement. "Tenez, goûtez les premières fraises de la saison. Hein qu'elles sont sucrées, je vous en mets combien ?". "Hummm, oui elles sont bonnes. 2 kilos s'il vous plaît". Et ainsi de suite continuait cet approvisionnement de fraîcheur. Elles laissaient une place pour la viande, prendraient du pain en repartant et surtout n'oublieraient pas d'acheter de la crème fraîche. Pour les fraises.

Après avoir fait le tour, elles repartirent avec leurs sacs bien lourds. Il fallait refaire le chemin en sens inverse mais cette fois-ci, elles s'arrêtèrent plusieurs fois pour poser les sacs et souffler un peu. La route parut plus longue qu'à l'aller et elles atteignirent enfin ce havre de paix qu'était la maison. Alors elles se régaleraient de viande fondante, de légumes frais, de fraises sucrées et juteuses et de pain croustillant. On était bien au printemps !



Dernière édition par Kelley le Lun 29 Nov - 15:24, édité 1 fois

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Neige magique

Message par Kelley le Lun 29 Nov - 15:22

NEIGE MAGIQUE

Il a neigé. Il neige. Pas cette neige violente et épaisse qui tombe en bourrasques et recouvre tout en une heure. Non ! Une neige fine de flocons volatiles qui épousent le sens du vent. Elle tient malgré tout. Le sol, refroidi par plusieurs jours de gelée sèche, a favorisé sa tenue. Des brins d'herbe apparaissent, transperçant comme des épines vertes ce grand manteau blanc. Les routes et les chemins empruntés ajoutent une touche de gris et de brun à ce paysage presque immaculé. C'est un grand calme, une douce volupté, un silence universel.

Les oiseaux, par bandes, descendent picorer ce qu'ils trouvent encore. Ils laissent les traces de leurs petites pattes qui forment un dessin de volutes, de huit ou des sillons réguliers comme un labyrinthe. Deux arbres majestueux encore recouverts de leurs épines leur offrent un abri provisoire. Ils se serrent les uns contre les autres profitant d'une chaleur éphémère et se taisent.

Au loin, deux enfants emmitouflés dans un manteau trop large, une écharpe de couleur vive et un bonnet enserrant leur petite tête d'ange ne laissant entrevoir que leur bout de nez rougi, entament une bataille de boules de neige. Leurs cris et leurs rires parviennent jusqu'à ma fenêtre et je me prend à rêver participer à leurs jeux enfantins. A ce moment, moi aussi j'ai dix ans et le monde est une vaste cours de récréation peuplée de petits elfes bondissants, de lutins malicieux et de fées enchanteresses venus me cueillir pour m'entraîner dans leur ronde folle. Leurs petites mains gelées m'emmènent vers un passé, un présent, un avenir incertains. D'un saut, nous traversons le temps. Une cour d'école primaire ou un jardin rempli de fleurs disparues depuis longtemps, qu'importe ? Des têtes familières apparaissent, fugaces, l'espace d'un instant. Elles m'invitent à la marelle, à la corde à sauter, et je reste étonnée que, de toute part, on vienne me chercher.

La sirène retentit et me voilà soudain plongée au coeur d'une forêt touffue, sombre, dans un sentier étroit qui n'a pas de fin. Au dessus de nos têtes, une voûte de branches entrelacées ferme à tout jamais l'espoir d'un horizon d'azur. Pourtant, là aussi, la neige a transpercé ce plafond de nature et nous nous enlisons dans des ornières à moitié gelées. En rangs disparates, nous avançons avec peine, laissant derrière nous des traces de neige boueuse et de branches cassées.

... Une parole, un rire, le passage d'une voiture et me voilà revenue. Me voici recouverte d'un manteau blanc mais je ne sens pas le froid, pourtant vif et mordant. La couche s'est épaissie, l'herbe a disparue. Les enfants m'appellent et me disent qu'il neige, et me demandent de me joindre à eux. Mais déjà, je retrouve le présent.

Charmants bambins qui ne voient pas le temps qui passe, qui ne savent pas encore qu'ils n'auront pas toujours dix ans. Jouez ! Jouez ! tant qu'il en est encore temps. Que votre innocence inonde encore, et pour longtemps, ces instants que vous rendez merveilleux. Peu importe le temps, la saison, le froid, la pluie, le vent, grâce à vous, nous retrouvons nos printemps.


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